lundi 5 mars 2018

L'île des secrets.
Patricia Wilson.
Editions City.
464 pages.
En librairie depuis le 10 janvier 2018.

Résumé:

Du soleil et des oliviers, un village de carte postale... c’est magnifique. Mais Angelika n’est pas venue en Crète en touriste. La jeune femme veut dĂ©couvrir l’histoire de sa famille dans ce pays oĂą sa mère a grandi avant de partir dĂ©finitivement en Angleterre. Pourquoi sa mère a-t-elle si violemment tirĂ© un trait sur ce passĂ© et refuse-t-elle d’en parler ? Une douloureuse dĂ©couverte attend Angelika lorsqu’elle frappe Ă  la porte de sa grand-mère qu’elle n’avait encore jamais rencontrĂ©e. Après des annĂ©es de silence, la vieille femme ouvre son cĹ“ur et remonte le fil de ses souvenirs. Commence alors un voyage dĂ©chirant qui plonge dans l'histoire de la Crète occupĂ©e par les Nazis. Une histoire cachĂ©e rĂ©vĂ©lant les heures sombres et, surtout, la force d'une femme prĂŞte Ă  tout pour protĂ©ger ses enfants...

Mon avis:

Au vue de son résumé L'île des secrets avait tout pour me plaire. Secrets de famille et retours dans le passé dans les années 1940 pendant l'occupation nazie sont en effet des thèmes que j'aime retrouver en littérature. Je remercie donc les Editions City pour l'envoi de ce titre.

C'est un roman qui met en avant la quĂŞte d'identitĂ©, et l'importance des liens familiaux qui quelque soit les secrets et les rancĹ“urs accumulĂ©s au fil des annĂ©es doivent ĂŞtre prĂ©servĂ©s. C'est ce que AngĂ©lika, londonienne de 37 ans d'origine crĂ©toise qui est sur le point de se marier, va s'appliquer Ă  mettre en oeuvre.  La jeune femme qui n'a jamais connu son père dĂ©cĂ©dĂ© alors qu'elle n'Ă©tait qu'un bĂ©bĂ© ainsi que ses ancĂŞtres brouillĂ©s avec sa mère Poppy depuis des annĂ©es, dĂ©cide de partir en Crète afin de percer les mystères autour de sa famille et tenter de trouver des rĂ©ponses Ă  ses questions. Pourquoi sa mère a-t-telle quittĂ© prĂ©cipitamment la Crète pour ne plus jamais revenir ? Que s'est-il passĂ© de si tragique pour que celle-ci n'ait plus de contact avec sa famille ? Et surtout pourquoi refuse-t-elle d'en parler Ă  AngĂ©lika ?

C'est grâce aux souvenirs de sa grand-mère Maria que l'on va retourner en 1943 et comprendre petit Ă  petit l'histoire de cette famille brisĂ©e par la guerre.  Les passages du passĂ© racontĂ©s par Maria sont extrĂŞmement intĂ©ressants et prenants, bien que par moments très difficiles. On apprend avec effroi les atrocitĂ©s commis par les nazis Ă  Amiras un jour de septembre 1943 sur des civils innocents sous les yeux de la jeune femme Ă  l'Ă©poque et des centaines de villageoise, un drame terrible puisqu'elles ont perdu ce jour lĂ  beaucoup de leurs proches, mari ou enfants. On assiste Ă©galement au dur combat qu'elle a menĂ© pour sauver la vie de ses enfants et pour Ă©chapper aux griffes des soldats allemands dĂ©terminĂ©s Ă  tuer. La seconde guerre mondiale est une pĂ©riode de l'histoire qui m'intĂ©resse Ă©normĂ©ment j'Ă©tais donc ravie de pouvoir retrouver ces faits historiques d'autant plus en Crète, car on ignore souvent que cette Ă®le a Ă©galement Ă©tĂ© touchĂ©e par la montĂ©e du nazisme.

J'ai cependant regrettĂ© les Ă©normes longueurs qui jalonnent le roman. En effet il se passait parfois plus de cinquante pages pour que Maria reprenne le fil de son rĂ©cit, car l'auteure s'est appliquĂ©e Ă©galement Ă  dĂ©velopper la vie d'Angelika. Le roman alterne donc passĂ© et prĂ©sent mais de façon trop espacĂ©. Les passages qui concernaient Angelika m'ont moins intĂ©ressĂ© et m'ont souvent ennuyĂ©, que se soit son mariage imminent avec Nick l'amour de sa vie, leurs difficultĂ©s professionnelles, ou encore ses doutes sur une possible liaison de celui-ci avec une de ses collègues de travail. Je me suis sentie tout au long de ma lecture frustrĂ©e de ne pas voir le rĂ©cit de sa grand-mère avancer, car il y avait toujours un Ă©vĂ©nement parfois inutile Ă  l'intrigue qui venait s'interposer entre les deux femmes, et qui nous faisait encore attendre des pages et des pages avant d'avoir plus d'Ă©claircissement Ă  ce sujet.  

Pour autant je dois avouer que l'histoire autour de la famille de sa mère et de son père est bien plus compliquĂ©e que ce Ă  quoi je m'attendais. J'ai Ă©tĂ© surprise Ă  de nombreuses reprises des rebondissements et des liens que l'on dĂ©couvre entre certaines personnes que je ne soupçonnais pas du tout. A travers eux on se rend compte des erreurs que l'on peut commettre Ă  cause de la douleur et de la dĂ©tresse, mais l'on comprend surtout que les secrets font au final beaucoup plus de mal qu'ils ne prĂ©servent. C'est un des points positifs Ă  mon sens du livre qui nous rĂ©serve au final pas mal de surprises, mais qui est aussi très bien dĂ©veloppĂ© en ce qui concerne ses personnages. 

Ainsi chaque individus Ă  son importance, son histoire et a eu un rĂ´le important dans le conflit qui oppose les deux familles. J'ai Ă©normĂ©ment aimĂ© la grand-mère Maria pour le courage dont elle a dĂ» faire preuve en l’absence de son mari parti au front, pour la foi qu'elle garde en elle malgrĂ© tout, pour son dĂ©sir de se rĂ©concilier avec sa fille avant de mourir, pour sa capacitĂ© Ă  pardonner et pour sa persĂ©vĂ©rance Ă  prĂ©server les liens familiaux coĂ»te que coĂ»te malgrĂ© les tragĂ©dies et les non-dits. Je me suis moins attachĂ©e Ă  Angelika qui au dĂ©but m'a semblĂ©  Ă©goĂŻste malgrĂ© elle. Sa volontĂ© de rĂ©unir sa famille au complet pour son mariage sans tenir compte des souhaits de sa mère ou du mal qu'elle pourrait faire en faisant resurgir le passĂ© m'a au dĂ©but dĂ©rangĂ©. Finalement c'est une jeune femme qui va changer peu Ă  peu au contact des crĂ©tois, qui va apprendre Ă  faire passer les besoins des autres avant les siens, qui va comprendre que parfois les Ă©vĂ©nements ne peuvent pas se dĂ©rouler exactement comme on les avait prĂ©vu au dĂ©part, mais que le plus important c'est de se battre pour l'amour de ses proches. 

Outre une intrigue très bien ficelĂ©e de la part de l'auteure c'est un formidable voyage en Crète qu'elle nous fait vivre Ă  travers les yeux d'Angelika. On n'a vraiment l'impression d'ĂŞtre nous aussi dans le petit village d'Amiras parmi les maisons Ă  la chaux perdues au cĹ“ur des oliveraies, avec ses ruelles Ă©troites, ses escaliers, ses chèvres en libertĂ©, ses bougainvilliers et ses citronniers. Ce n'est pas seulement un voyage visuel, mais aussi sensoriel avec ses Ă©pices et culturel avec ses traditions auxquelles on assiste Ă  de maintes reprises au cours du rĂ©cit. Je n'ai jamais visitĂ© cette Ă®le mais Patricia Wilson m'a donnĂ© envie un jour de la dĂ©couvrir.

Pour conclure: 
Un roman passionnant par moment en ce qui concerne les passages sur le passĂ©, mais souvent ennuyant dans les moments prĂ©sents. Cependant j'ai trouvĂ© les personnages extrĂŞmement bien dĂ©veloppĂ©s, l'intrigue très bien ficelĂ©e et plus complexe qu'il n'y parait avec des rebondissements assez Ă©tonnants, et j'ai surtout apprĂ©ciĂ© voyager Ă  travers les paysages de Crète qui sont complètements dĂ©paysants.

Ma note: 14/20.

1 commentaire:

  1. Ce roman me tente énormément, il réunit tout ce que j'aime dans une histoire ! Dommage tout de même pour les quelques longueurs...

    RĂ©pondreSupprimer