vendredi 4 décembre 2015

Meurtre en La majeur.
Morley TORGOV.
Editions Actes Sud.
Collection Babel.
315 pages.

Résumé:

Un soir de 1857, à Düsseldorf, l'inspecteur Hermann Preiss reçoit chez lui un billet le priant de se rendre de toute urgence au domicile des compositeurs Robert et Clara Schumann. A son arrivée, le maestro lui demande de résoudre le mystère d'un la qui s'obstine à sonner faux sur son piano et à lui bourdonner sans cesse aux oreilles. Plus tard, c'est une personne de leur entourage qui trouve la mort de façon surprenante. Pour l'inspecteur Preiss, il ne fait aucun doute que ces deux faits sont liés.

Mon avis:

J'ai acquis ce livre lors d'une opération promotion: pour deux Babel achetés, un troisième est offert. J'avais donc choisi celui-ci car le titre m'avait interpellé et je trouvais la couverture sublime. Pourtant le résumé ne m'avait pas forcément emballé. Je me suis tout de même laissée tenter, me disant que de toute façon, je ne perdais pas d'argent si je n'aimais pas au final ma lecture.

Dans ce roman on va être plongé au cœur de l'Allemagne du 19ème siècle, plus précisément dans l'univers de la musique parmi les grands compositeurs de Düsseldorf. Ces derniers autant adulés que jalousés, étaient entourés aussi bien d'admirateurs que d'ennemis.
Un soir, l'inspecteur Preiss, amateur de musique classique, est amené à mener l'enquête au sujet d'un la qui sonnerait constamment faux sur le piano de Robert Schumann. Ce dernier, bien que tout le monde le croit fou, l'implore de l'aider. Preiss bien décidé à lui accorder le bénéfice du doute, accepte d'éclaircir ce mystère. Mais voilà, Adelmann, un ami du couple Shumann est retrouvé assassiné. Sans nul doute, pour Preiss quelque chose se trame derrière toute cette histoire.

J'ai apprécié la façon dont enquête cet inspecteur que l'on retrouve je crois dans un autre des romans de l'auteur. En choisissant de faire confiance à son client, il va se lancer dans une investigation des plus surprenante, au risque de se décrédibiliser dans son milieu professionnel, puisqu'au départ il n'y a pas de meurtre, juste les élucubrations d'un musicien de renom, que personne ne croit de surcroît, pas même sa propre femme. Il décide donc de se renseigner sur l'entourage de ce couple pour mieux cerner les amis, des ennemis de Robert Schumann. C'est un homme qui aime prendre son temps, surveiller les faits et gestes de chacun et aller à contre sens de tout le monde, notamment de son commissaire, qui ne voit pas d'un très bon Å“il cette affaire, qu'il juge une perte de temps. Son comportement m'a d'ailleurs fait penser un peu à Hercule Poirot. On ne sait pas ce qu'il pense, il est assez énigmatique, mais on se doute très fortement qu'il arrivera à sonder les gens et à résoudre l'enquête.

Il y a énormément de personnes suspectes et toutes ont une personnalité hors du commun. On trouve un cleptomane, deux jeunes amants, un schizophrène... Nous n'avons pas le temps de nous ennuyer une seule seconde car ils semblent tous cacher quelque chose et paraissent donc coupables. Pourtant, le meurtre, que l'on attend depuis le début survient très tardivement dans le roman, vers la page 186, ce que j'ai trouvé un peu dommage. Bien que l'intrigue sur ce fameux la soit intéressante, on tournait un peu en rond à la longue et il était grand temps de pimenter l'histoire. 
De même, un autre aspect du livre m'a embêté concernant un certains outil de musique évoqué. Pour moi qui suis novice en la matière , je n'ai pas compris ce que c'était et pourquoi il était important dans l'intrigue. Il a fallut que je me renseigne sur internet. Le lecteur aurait eu besoin quelques fois de petites notes explicatives en bas de page.

Mise à part cela, l'ambiance de Bavière est incroyablement bien mise en avant, avec ses spécialités telles que la forêt noire ou le vin riesling, les symphonies... et c'est ce qui donne tout son charme au roman. Tous les personnages sont pudiques et se vouvoient, signe de la grandeur et du raffinement des compositeurs allemands du 19ème siècle. J'avais toutefois un peu peur de retrouver un langage soutenu ou du moins des mots typiques de l'époque que je ne comprendrais pas forcément, mais Morley Torgov a su nous immerger avec élégance et simplicité dans ce monde.

Pour conclure:
Une enquête assez inhabituelle et lente avec un meurtre qui arrive très tardivement, que l'on apprécie au final surtout pour son ambiance générale. Je suis restée assez perplexe à la fin quant à la réaction de Preiss, mais j'ai passé un agréable moment tout de même.

Ma note: 14/20.

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