mercredi 13 janvier 2016

La mémoire est une chienne indocile.
Elliot PERLMAN.
Editions 10.18
766 pages.

Résumé:

New-York, aujourd'hui. Ex-taulard en probation dans un hĂŽpital, Lamont, jeune noir du Bronx, se lie d'amitiĂ© avec un patient, rescapĂ© des camps. Uptown, Zignelik, professeur d'histoire en pleine crise existentielle, exhume un document inĂ©dit: les premiers tĂ©moignages sonores de survivants de l'Holocauste. Dans le creux de cette mĂ©moire ravivĂ©e, leurs destins vont s'entremĂȘler. D'un ghetto Ă  l'autre, dans une myriade de voix et une narration virtuose, ce roman poignant interroge l'Histoire du XXĂšme siĂšcle.

Mon avis:

Ce livre est arrivé dans ma Pal un peu par hasard, au détour d'un vide grenier. Je l'ai aperçu posé sur un étalage, à deux euros en parfait état. Sa couverture, mais surtout son titre, m'ont tout de suite attiré et je me suis décidée à l'acheter sans savoir qu'il s'agissait d'un roman traitant de la seconde guerre mondiale.

C'est un livre déconcertant sur le plan de la narration, puisque l'on suit l'histoire de plusieurs personnages et à des époques différentes.
Celle, tout d'abord, de Lamont, ancien taulard en rĂ©insertion, qui a pour habitude chaque soirs Ă  la fin de son service, de rejoindre dans sa chambre M. Mandelbrot, un patient de l'hĂŽpital oĂč il travaille et rescapĂ© d'Auschwitz, oĂč ce dernier lui raconte les mois terribles qu'il a vĂ©cu dans les camps de la mort.
Mais aussi, celle d'Adam, professeur universitaire, qui tente de dĂ©couvrir  parmi les tĂ©moignages sonores des survivants de l'holocauste qu'il vient de mettre Ă  jour. une preuve selon laquelle les noirs aussi, auraient participĂ© Ă  la libĂ©ration des camps.
Puis celles, des années plus tÎt, de Henry Border, jeune psychologue, auteur de ces fameux enregistrements datant de 1946, Rosa Rabinowicz, Noah Lewental et bien d'autres, tous prisonniers d'Auschwitz.
Pendant la  premiĂšre partie du roman, j'Ă©tais souvent perdue. Les Ă©poques se succĂ©daient sans arrĂȘt et de nouveaux personnages apparaissaient constamment, sans que je sache trop de qui il s'agissait. Je ne voyais finalement pas de lien entre eux.
De plus, je me suis un peu ennuyĂ©e, car de nombreux passages trĂšs longs sont consacrĂ©s Ă  des faits historiques. L'auteur nous raconte trĂšs exactement comment les nazis en sont venus Ă  commettre de telles atrocitĂ©s Il nous assomme de dĂ©tails, de dĂ©cisions politiques trĂšs complexes, qui auraient pu Ă  mon avis ĂȘtre donnĂ©s de façon plus simple, pour nous aider Ă  mieux comprendre la montĂ©e du fascisme.

Heureusement, j'ai continuĂ© ma lecture, car Ă  la moitiĂ© du roman, tout commence enfin Ă  se mettre en place. On comprend oĂč Elliot Perlman veut en venir et le lien qu'il y a entre ses personnages.
Le titre du livre prend tout son sens lorsque l'on comprend qu'il s'agit avant tout d'un roman sur le devoir de mĂ©moire. Une mĂ©moire qu'il faut entretenir. Il nous montre qu'il est important de raconter de gĂ©nĂ©rations en gĂ©nĂ©rations ce qu'ont vĂ©cu les dĂ©portĂ©s pendant la seconde guerre mondiale. Car aujourd'hui des gens, tel que Lamont, sont encore ignorants de ce qu'il s'est passĂ©. Il est si facile d'oublier. La preuve en est, puisque l'on recommence bien des annĂ©es plus-tard les mĂȘmes erreurs avec la discrimination des noirs, comme nous le prouve l'auteur Ă  travers ses personnages, dans les annĂ©es soixante, mais Ă©galement encore de nos jours. Ces crimes perpĂ©tuĂ©s contre des innocents n'ont-ils pas suffi? Quand cela s'arrĂȘtera t-il?

De nombreux passages sont trĂšs durs Ă  lire, notamment ceux sur le fonctionnement des chambres Ă  gaz, oĂč M. Mandelbrot a Ă©tĂ© forcĂ© de travailler. Certaines phrases sont insoutenables et m'ont mis les larmes aux yeux. Je tiens Ă  saluer d'ailleurs le travail de recherche remarquable de l'auteur, qui a rĂ©ussi Ă  nous livrer un roman trĂšs bien Ă©crit et documentĂ©. Les propos sont tellement criants de vĂ©ritĂ©, que j'ai eu l'impression de lire un tĂ©moignage.
Pourtant Ă  travers le dĂ©sespoir de ces ĂȘtres privĂ©s de libertĂ©, un message d'espoir est Ă©galement dĂ©livrĂ©, qui est, que tous les ĂȘtres humains peuvent vivre ensemble et s'entraider, sans haine, malgrĂ© leur diffĂ©rence de couleur de peau ou de religion.

Pour conclure:
MalgrĂ© une premiĂšre moitiĂ© de roman longue, difficile Ă  comprendre et parfois un peu ennuyante, je vous conseille de continuer votre lecture jusqu'au bout pour saisir toute la portĂ©e de ce roman terriblement Ă©mouvant. Une oeuvre poignante sur les injustices de la vie, qui nous fait prendre conscience que malheureusement, l'ĂȘtre humain ne tire pas suffisamment les leçons des erreurs du passĂ©. Certains actes sont encore aujourd'hui empreints de racisme, racisme qui a malheureusement conduit il y a des annĂ©es, au massacre de millier de gens. On ressort de cette lecture chamboulĂ© et avec Ă  mon avis, une nouvelle vision de l'humanitĂ©.

Ma note: 15/20.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire