vendredi 26 août 2016

Je m'appelle Léon.
Kit de Waal.
Editions Kero.
349 pages.

Résumé:

Leon, 9 ans, est un garçon courageux. Quand un jour sa mère n’arrive plus à se lever le matin, il s’occupe de son demi-frère Jake. Quand l’assistante sociale emmène les deux garçons chez Maureen au gros ventre et aux bras de boxeur, c’est lui qui sait de quoi le bébé a besoin. Mais quand on lui enlève son frère et qu’on lui dit que chez ses nouveaux parents il n’y a pas de place pour un grand garçon à la peau sombre, c’en est trop. Heureusement Leon rencontre Tufty, qui est grand et fort, qui fait du vélo comme lui et qui, dans son jardin, lui apprend comment prendre soin d’une petite plante fragile. Mais Leon n’oublie pas sa promesse de retrouver Jake et de réunir les siens comme avant. Le jour où il entend une conversation qui ne lui était pas destinée, il décide de passer à l’action…

Mon avis:

Les romans mettant en avant des enfants me touchent particulièrement, encore plus lorsque l'intrigue est dramatique. Je m'appelle Léon entre dans cette catégorie et j'ai eu immédiatement envie de le lire. Merci donc aux Editions Kero pour m'avoir permis de le faire avant sa sortie.

La couverture de ce livre résume assez bien l'état d'esprit de Léon, ce petit bonhomme de 9 ans qui malheureusement ne grandit pas dans un contexte familiale stable et idéal pour un enfant. On ne connait pas le narrateur mais on suppose que l'histoire nous est racontée à travers ses yeux et ses pensées. Et pour Léon tout est confus. Je me suis beaucoup attachée à lui, qui du jour au lendemain est arraché à sa mère, puis à son frère et placé dans une famille d'accueil. Il se pose beaucoup de questions, il ne comprend pas pourquoi sa maman ne peut plus s'occuper d'eux, et il attend toujours leur retour. 

Léon est un petit garçon plein de vie, curieux de tout. Malgré son jeune âge il est très intelligent, il comprend beaucoup plus de choses que ce que tout le monde croit. Surtout que c'est un enfant qui a dû grandir plus vite que les autres, puisque que pendant un certain temps il a porté le poids de sa famille sur ses petites épaules alors même que se n'était évident pas son rôle. Sa naïveté d'enfant est attendrissante mais elle m'a aussi souvent fait rire notamment lorsqu'il donne des surnoms aux gens qu'ils rencontrent, comme par exemple une assistante sociale qu'il appelle la zèbre, ou lorsqu'il commence à leur voler toutes sortes de choses  qu'il cache ensuite dans sa chambre ou sous son matelas. On comprend pourquoi à la fin du livre car bien évidemment on voit au fond de lui qu'il est en colère, parce qu'on ne lui demande jamais son avis, qu'on ne lui explique pas les choses, parce qu'on lui cache tout, qu'on lui prend tout. 

Il est placé provisoirement dans une maison d'accueil chez Maureen, puis chez sa sœur Sylvia puisque que contrairement à son demi-frère qui est blanc, personne ne veut de lui à cause de sa couleur de peau. Et c'est ce que j'ai beaucoup aimé dans ce livre. Il ne parle pas seulement d'abandon, d'adoption, mais également du racisme qui est bien présent dans les mœurs dans les années 1980. Les noirs ne sont pas bien vus, ils sont même persécutés notamment par les policiers, ce qui va vite provoquer des émeutes raciales. Et Léon qui n'a jamais oublié sa vraie famille, va se retrouver malgré lui au cœur du danger.

C'est un roman évidemment à lire sur les enfances volées, sur les petits qui sont ballottés de foyers en foyers, qui sont séparés de leur famille, sur la difficulté à se reconstruire et à vivre une nouvelle vie chez des inconnus qu'il faut du jour au lendemain considérer comme sa nouvelle famille, mais aussi sur la dépression et le racisme.Tout est lié dans cette histoire qui en tant qu'être humain ne peut que nous toucher. Malgré tout, le roman est porteur d'espoir, il ne pouvait pas se terminer autrement selon moi. La métaphore de la dernière page m'a ému, elle donne encore plus de poids à l’histoire de Léon et conclut parfaitement le roman.

Pour conclure:
Une histoire simple, touchante, vécue à travers les yeux d'un enfant de 9 ans qui se retrouve séparé de son petit frère et de sa mère et placé dans une famille d'accueil. Outre la notion d'adoption, on y parle également de dépression et de racisme auxquels va être confronté Léon. Un roman plein de candeur, de douceur malgré le contexte difficile dans lequel il grandit. La plume de Kit de Waal m'a plu, je suivrai donc de prés cette auteure. Un roman à lire absolument.

Ma note: 17/20.

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