samedi 15 juillet 2017

Lucia, Lucia.
Adriana Trigiani.
Editions Charleston.
301 pages.
En librairie depuis le 7 juin.

Résumé:

New York, 1950. À vingt-cinq ans, Lucia Sartori est certainement la plus jolie fille du quartier. L'après-guerre a ouvert de nombreuses possibilités aux jeunes femmes ambitieuses, et Lucia vient de commencer comme apprentie couturière au très chic grand magasin B. Altman sur la 5e Avenue. Son père, qui a brillamment réussi dans les affaires et tient l'épicerie fine italienne la plus réputée, l'a toujours encouragée dans ses ambitions, mais les traditions sont tenaces... Fiancée à son amour d'enfant, l'inébranlable Dante DeMartino, Lucia est déchirée lorsqu'elle rencontre un bel inconnu qui lui promet une vie de luxe dans les beaux quartiers, une vie comme elle n'en lit que dans les magazines. Forcée de choisir entre sa famille et ses rêves, Lucia se retrouve au centre d'un scandale qui révélera des secrets enfouis. L'honneur des Sartori est en jeu...

Mon avis:

J'avais dĂ©couvert Adriana Trigiani avec Bienvenue Ă  Big Stone Gap que j'avais bien aimĂ©. N'ayant encore pas eu l'occasion de me procurer L'italienne, je me suis tournĂ©e vers son dernier roman Lucia, Lucia que les Editions Charleston que je remercie beaucoup ont eu la gentillesse de me faire parvenir.  

C'est un livre que j'ai dĂ©vorĂ© en Ă  peine deux jours, qui m'a captivĂ© et qui m'a complètement emportĂ© dans le New-York des annĂ©es 1950. Moi qui suis d'origine italienne par mon grand-père j'ai Ă©tĂ© plus que ravie de me retrouver le temps de quelques pages dans une grande famille d'immigrĂ©s italiens chaleureuse et très soudĂ©e, dont les membres sont tellement attachants que l'on a presque l'impression dans faire partie. Le rĂ©cit se dĂ©roule majoritairement entre la cinquième avenue dans l'atelier de couture oĂą travaille Lucia Sartori, et le quartier de Greenwich oĂą se situe le petit appartement de Commerce Street oĂą rĂ©side toute la famille et oĂą son père Antonio tient la Groceria la petite Ă©picerie familiale dans laquelle travaillent Ă©galement ses quatre frères aĂ®nĂ©s. L'intrigue tourne surtout autour de leur quotidien et de la vie Ă  cette Ă©poque. En effet après la guerre le travail Ă©volue, l’essor des supermarchĂ©s commence, la rapiditĂ© et le profit sont vite privilĂ©giĂ©s au dĂ©triment de la qualitĂ© et du conseil. Une tendance qui signe la mort des petits commerces de village contre laquelle le père de Lucia se battra toute sa vie. Les conditions des femmes tendent Ă©galement Ă  changer, mais pourtant les mentalitĂ©s ont du mal Ă  Ă©voluer. Elles qui aspirent de plus en plus Ă  travailler doivent pourtant une fois mariĂ©e abandonner leur emploi pour devenir Ă©pouse et mère Ă  plein temps ce que Lucia refuse catĂ©goriquement.  

Quelle jeune femme intĂ©ressante et inspirante. Brillante couturière peu conventionnelle, elle aspire Ă  faire une très grande carrière dans le monde de la mode et refuse pour cela de se marier Ă  l'homme qui lui Ă©tait promis. IndĂ©pendante, battante, sĂ»re de ses convictions c'est un personnage que j'ai adorĂ© pour sa forte personnalitĂ©, pour son courage d'oser imposer ses choix de vie sans se soucier du qu'en- dira-t-on. MalgrĂ© sa force de caractère c'est une jeune fille de 25 ans qui rĂŞve comme sa meilleure amie et collègue Ruth de trouver aussi le grand amour qu'elle va d'ailleurs trouver en la personne de John, un homme d'affaires qui comme elle rĂŞve de gravir les Ă©chelons de la bonne sociĂ©tĂ©. C'est un personnage qui au dĂ©part ne m'a pas paru digne de confiance. J'ai eu beaucoup de difficultĂ©s Ă  le cerner car il se dĂ©voile très peu. Il garde une grande part d'ombres qui nous fait en quelque sorte douter de son honnĂŞtetĂ© malgrĂ© le fait qu'il semble ĂŞtre l'homme idĂ©al qui a tout pour lui. Au fil de ses sorties avec Lucia dont il tombe petite Ă  petit amoureux on apprend Ă  l'apprĂ©cier et j'ai Ă©tĂ© Ă©tonnĂ©e par la tournure que prend le rĂ©cit le concernant. 

C'est une ambiance chaleureuse, conviviale et  nostalgique qui vous attend dans ce livre. Une histoire qui nous est racontĂ©e Ă  travers les souvenirs de Lucia  50 ans plus tard Ă  sa jeune voisine Kit. Au fil de son histoire si touchante elle nous transporte dans un autre monde, Ă  une Ă©poque oĂą le sens de la famille est très important, au cĹ“ur des traditions et des croyances italiennes. On s'attache Ă©normĂ©ment Ă  cette Mama italienne qui gère sa famille d'une main de maĂ®tre mais qui est pourtant très douce, et Ă  Antonio ce père si aimant qui ne veut que le bonheur de ses enfants qui n'en font qu'Ă  leur tĂŞte. C'est un roman qui se veut en quelque sorte fĂ©ministe, avec une hĂ©roĂŻne qui lutte pour mener sa vie comme elle l'entend mais qui malgrĂ© tout comme tout le monde fera des erreurs. Lucia, Lucia m'a fait quelque fois pensĂ© au roman de  Colm Tolbin Brooklyn que j'avais tant aimĂ©. J'ai Ă©tĂ© triste de le refermer , de quitter si vite ces personnages qui m'ont fait sourire et fait pleurer, de terminer un rĂ©cit Ă©mouvant dont la fin m'a beaucoup plu car l'auteure ne tombe pas dans les clichĂ©s. Je ne pensais pas que la vie de Lucia se dĂ©roulerait de cette façon, mais finalement en y rĂ©flĂ©chissant cela ne pouvait pas se terminer autrement. 

Pour conclure:
Un roman qui vous emporte au cĹ“ur du Greenwich village en plein essor des annĂ©es 50, dans une famille italienne attachante dont on rĂ©vĂ©rait tous. L'histoire de Lucia, une hĂ©roĂŻne forte et ambitieuse ravira toutes les fĂ©ministes convaincues, mais saura Ă©galement toucher les cĹ“urs sensibles. A lire!

Ma note: 18/20.

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