lundi 19 décembre 2016

Love story Ă  l'iranienne.
Jane Deuxard et Deloupy.
Editions Delcourt/Mirages.
140 pages.

Résumé:

Les jeunes Iraniens rĂŞvent-ils encore d’en finir avec le rĂ©gime ? Comment se rencontrer dans cette sociĂ©tĂ© qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? MalgrĂ© la tradition, malgrĂ© le rĂ©gime. Des journalistes ont interviewĂ© clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un Ă©clairage politique et social. Comment Ă©chapper Ă  la police pour vivre sa love story ?

Mon avis:

Parce que dans le pays dans lequel on vit on ne se rend pas toujours compte de notre chance, des privilèges que l'on a  de vivre libre, de choisir sa propre vie et d'aimer celui ou celle que l'on aura choisi. Parce que l'on ignore encore trop souvent les injustices que certaines personnes subissent jours après jours dans certains pays. Parce qu'il est primordial Ă  mon sens de s'informer, de dĂ©noncer ce genre de comportements malheureusement toujours d'actualitĂ©. Pour toutes ces raisons je ne pouvais Ă©videmment pas ne pas lire ce recueil de tĂ©moignages.

Jane Deuxard et Deloupy sont en couple dans la vie, mais forment également un duo de journalistes pas comme les autres, notamment parce qu'ils ont choisi de donner la parole clandestinement à plusieurs jeunes adultes iraniens qui tous les jours subissent le régime très sévère de leur pays. Une dictature des plus féroce qui interdit tous droits au bonheur, qui décide de la vie de chacun, qui ne laisse aucun choix possibles et refuse toutes formes de rébellions. Port du voile et d'une tenue décente obligatoire pour les femmes, unions arrangées, obligation de rester vierge jusqu'au mariage, interdiction de travailler, musique non religieuse interdite, censure télévisuelle... Comment ne pas être abasourdie et en colère contre toutes ces lois ridicules et injustes? Comment ne pas se mettre à la place de tous ces jeunes qui ne souhaitent qu'une seule chose vivre comme tous les gens de leur âge et avoir le droit de mener leur vie comme ils l'entendent?

Si certains dĂ©moralisĂ©s et dĂ©sespĂ©rĂ©s se plient au rĂ©gime après avoir vainement tentĂ© de s'y opposer pendant les manifestations de 2009, d'autres au contraire choisissent malgrĂ© tout secrètement de prendre des risques. Et c'est ce qui rend ces tĂ©moignages d'autant plus bouleversants et magnifiques puisque malgrĂ© les sanctions encourues certains iraniens trouvent tout de mĂŞme le courage tous les jours de vivre Ă  leur manière, de s'aimer malgrĂ© les interdits. Cette bande dessinĂ©e m'a permis de m'informer sur l’Histoire de ce pays, mais aussi de mieux me rendre compte des consĂ©quences d'une politique si totalitaire, de la violence, et de l'oppression que subissent tous les jours les iraniens, de la dĂ©tresse que cela engendre chez ces jeunes qui n'ont pas d'autres choix finalement que de vivre comme leurs aĂ®nĂ©s, sans droits, ou de quitter le pays.

Si j'ai admiré le courage de ces deux journalistes qui n'ont pas hésité à prendre de tels risques, à se mettre en danger pour donner la parole à tous ces hommes et ces femmes qui vivent comme emprisonnés, j'ai été moins sensible au coup de crayon et aux couleurs utilisées qui rendaient je trouvais l'ensemble assez fade et triste, comme si le visuel même des planches reflétait l'état d'âme de la population. Pour autant, j'ai beaucoup apprécié les dessins caricaturaux ou métaphoriques, égrainés un peu partout dans chaque témoignages qui donnaient à mon sens encore plus de poids aux récits.

Pour conclure:
Des tĂ©moignages aberrants, rĂ©voltants, mais au combien importants, dĂ©voilĂ©s dans l’intimitĂ© en toute sincĂ©ritĂ©, sur les conditions de vie si difficiles en Iran oĂą règne une dictature sans limites. Des jeunes gens opprimĂ©s, aux libertĂ©s limitĂ©es, mais qui choisissent tous les jours malgrĂ© tout de braver les interdits au nom de l'amour et au nom de la paix.

Ma note: 18/20.




1 commentaire:

  1. Je l'ai vu dans ma bibliothèque et elle m'a donné très envie ! Elle évoque un pan historique que je ne connais pas assez et dont j'estime qu'on ne parle pas assez non plus :)
    Très belle chronique !

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