samedi 4 novembre 2017

L'armoire des robes oubliées.
Riikka Pulkkinen.
Editions Albin Michel.
399 pages.

Résumé:

Alors que sa grand-mère Elsa se meurt d'un cancer foudroyant et que tous ses proches se rassemblent pour adoucir ses derniers jours, Anna découvre que, derrière le mariage apparemment heureux de ses grands-parents, se cache un drame qui a marqué à jamais tous les membres de sa famille. Une vieille robe trouvée par hasard, et dont elle apprend qu'elle aurait appartenu à une certaine Eeva, va réveiller le passé. Cette Eeva, dont on ne lui a jamais parlé, aurait été, dans les années 60, la nourrice de sa mère. Mais Anna ne tarde pas à comprendre qu'elle a été beaucoup plus qu'une employée et que son grand-père, peintre célèbre, l'a profondément aimée...

Mon avis: 

J'avais lu une excellente critique de ce roman il y a deux ans sur un blog littéraire et je me souviens avoir eu immédiatement envie de le découvrir à mon tour. Pourtant ce n'est que cette année que j'ai enfin trouvé le temps de le sortir de ma bibliothèque. Et au regard de cette jolie couverture quoi de mieux que l'automne pour le lire.


Il y a des romans qui sont de vrais coups de cÅ“ur pour certains et une déception pour d'autres. Je dois dire que je fais malheureusement partie du deuxième cas. J'ai été terriblement déçue par ce roman. J'ai pourtant adoré l'histoire en elle-même, celle d'une petite fille Anna qui sans le vouloir va déterrer un secret entre son grand-père Martti et sa grand-mère Elsa qui est sur le point de mourir. Il est question ici d’adultère c'est le sujet principal du roman, même si il en y en a d'autres également. Il est d'ailleurs extrêmement bien mis en lumière par l'auteure. On va vivre du début à la fin la relation de ce grand-père qui il y a plusieurs années est tombé amoureux de la nourrice de sa fille Eeva. 

C'est une relation passionnante, vibrante mais qui devient peu à peu étouffante. De regards en coin, très vite la passion s'installe, pour petit à petit laisser la place à la culpabilité et à la jalousie. J'ai vraiment trouvé intéressant la façon qu'à l'auteure d'analyser cette relation interdite et des conséquences désastreuses qu'elle peut avoir sur l'entourage. Nous n'avons que le point de vue d'Eeva qui on le comprend assez vite commence à souffrir de cet amour impossible, et commence à éprouver un certain mal-être vis à vis de la femme de son amant qui l'apprécie et de sa petite fille à laquelle est s'est attachée inexorablement. Lui reste en finalement en retrait, n'étant nommé dans le roman que par ce surnom "l'Homme". Je dois avouer ne pas avoir très bien compris pourquoi l'auteure avait fait ce choix impersonnel, qui à mon sens n'a fait que le mettre en retrait, et qui ne m'a pas permis de m'y attacher.  

Passé et présent se mêlent donc puisque l'on va suivre de nos jours la vie d'Anna qui va peu à peu se rendre compte des similitudes entre son passé et celui d'Eeva, mais aussi Elsa qui vit ses derniers instants au côté de son mari, de  sa fille et de ses petites filles. L'auteure aborde donc également le sujet du deuil et du pardon. On a le regard de la fille qui s’apprête à vivre sans sa mère et qui se sent impuissante face à la maladie, le regard du mari qui voit dépérir sa femme et qui ne sait pas comment gérer ses émotions, qui se rappelle les bons moments mais qui en même temps culpabilise de lui avoir fait tant de mal, le regard de la petite fille qui se remémore son d'enfance passée au côté de sa grand-mère et qui comprend qu'elle n'était pas aussi heureuse qu'elle en avait l'air, et enfin celui d'Elsa qui a tout pardonné, qui a caché à sa fille son secret mais qui en même temps avant de mourir a finalement décidé de tout avouer à sa petite fille. 

C'est un récit Incroyablement bien écrit, Riikka Pulkkinen à une très belle plume et pourtant je n'y ai pas été sensible. Il y a beaucoup de réflexions psychologies souvent assez complexes et confuses, des phrases parfois courtes et hachées qui donnent un rythme saccadé et qui me semblaient parfois hors sujet. Je trouve que les écrivains à trop vouloir bien écrire en perdent du coup en sensibilité. C'est un roman qui souffre à mon sens de beaucoup de longueurs, je me suis ennuyée à de nombreuses reprises, j'ai souvent soufflé avec l'envie d'abandonner ma lecture,ce que je n'ai finalement pas fait car j'aime toujours aller au bout d'un roman pour pouvoir en dresser ensuite un avis construit, et parce que malgré tout il y a une sorte de mystère autour de cette histoire qui fait que l'on a envie de savoir comment elle va se terminer. 

Cependant le contexte historique dans lequel se déroulent les moments du passé est également intéressant parce que les personnages se trouvent en plein cÅ“ur des années 1960 et vont donc vivre la révolution de  1968. Au regard de cette époque où tous les jeunes se rebellaient, se cherchaient, la relation qu'entretient Eeva jeune étudiante avec un homme marié prend tout son sens et ne fait qu'appuyer sur le fait que la jeunesse aspire à la liberté. 

Pour conclure:
Un roman extrêmement bien écrit sur une histoire d'amour complexe et secrète en pleine révolution de 1968 dont le souvenir resurgit 40 ans plus tard, mais qui ne m'a emporté comme je l'aurais souhaité. Dommage.

Ma note: 13/20.

1 commentaire:

  1. J'ai eu la même déception que toi pour ce roman, peut-être qu'on en attendait un peu trop? :(

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